Compte-rendu réunion du GT du 3 décembre 2009

Un article de Guides CRéATIF - Espace de travail collaboratif.

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Réunion du groupe GT numérique du 3 décembre 2009 à la DUI


Représentés : DUI, DIACT, SG-CIV,Villes et Internet, Caisse des Dépôts et Consignation, ACSE, ANSA-TIC active, Fontenay Sous Bois, Créatif, Fédération des Centres Sociaux, Emmaus


Emilie Berdellou de la Caisse des Dépôts et Consignation présente la synthèse de l’étude réalisée par Ernst et Young sur la fracture numérique dans les quartiers ANRU dont le rapport final est désormais disponible pour le groupe de travail mais non diffusable à l’extérieur. Les objectifs fixés à l’étude : - mesurer quantitativement la fracture numérique dans les quartiers ANRU et déterminer ses spécificités en terme d’accès, d’équipement et d’usage. -identifier des bonnes pratiques à partir de 18 sites de rénovation urbaine -produire des recommandations dans les projets ANRU à l’attention des acteurs de la politique de la ville et des collectivités territoriales.

Bref rappel méthodologique L’étude quantitative a consisté en un sondage IPSOS portant sur 1500 personnes interrogées en face à face (1000 hors ZUS et 500 en ZUS) en octobre-novembre 2008 alors que l’étude qualitative a porté sur la réalisation de 20 monographies à travers une centaine d’entretiens en vue d’analyser les freins et les leviers à la réduction de la fracture numérique dans les quartiers populaires. A partir de ces éléments, deux groupes de travail se sont réunis : la CDC, l’ANRU, la DIV, l’USH, la DGALN, l’ACSE, des bailleurs sociaux et représentants d’associations en vue de produire des recommandations.

Principales indications de l’étude En terme d’infrastructures, il n’y a pas de déficit des quartiers ANRU par rapport à la moyenne nationale, ils bénéficient d’une offre concurrentielle de connexion haut débit de bon niveau sous diverses formes de choix technologique : câble, courant porteur local (CPL), fibre optique. Par contre, l’étude qualitative démontre une faible mobilisation des acteurs de la politique de la ville sur la question de l’aménagement numérique des quartiers en rénovation urbaine alors que pourtant la loi LME y fait explicitement référence.

En terme d’équipement, l’accès à internet et l’équipement des foyers des quartiers ANRU est sensiblement de niveau identique à celui de la moyenne nationale. Son niveau légèrement inférieur (7 points pour l’équipement en ordinateur à domicile) est compensé par une fréquentation plus importante des lieux d’accès publics à internet et d’usage plus important dans le cadre des établissements scolaires. On remarque également un potentiel de croissance important d’équipement dans les foyers, puisqu’un tiers des personnes non équipées au moment de l’enquête déclare prévoir acquérir un équipement (ordinateur et accès internet) dans l’année. Sans surprise, le facteur déterminant du non accès est celui de l’obstacle économique à l’accès à l’abonnement durable du triple play (30 euros par mois). Les espaces publics à internet sont plus fréquentés en quartier ANRU que ceux de la moyenne nationale et 2/3 des personnes qui n’ont pas d’accès à domicile en sont des usagers.

La fracture numérique se situe plus nettement en terme d’usage à internet, les habitants de quartiers ANRU sont moins nombreux à en avoir une pratique quotidienne et ses usages sont plus orientés vers des activités ludiques et moins utilitaires (mail, paiement en ligne, recherche d’information…) que la moyenne nationale, hormis en terme de recherche d’emploi et de recherche dans le cadre scolaire. On peut noter aussi des usages différentiés selon les publics habitant en quartier ANRU. Les jeunes de 19 à 26 ans sont plus internautes que la moyenne, alors que certaines catégories de population comme les femmes, les seniors et les travailleurs migrants en foyer sont plus particulièrement exclus de ces usages.

Pour contribuer à réduire cette fracture numérique, l’étude a permis de définir quelques objectifs clés en terme de gouvernance :

Au plan national, il est essentiel de simplifier l’accès au numérique, de promouvoir un tarif social d’accès et d’accompagner à l’appropriation des outils. Au plan local le rapport préconise de développer et diversifier les usages du numérique dans les quartiers en définissant un mode de gouvernance qui intègre la priorité numérique dans les quartiers au sein des projets ANRU et des CUCS de nouvelle génération (2011-2015) en systématisant l’élaboration de schémas numériques à partir de diagnostics locaux partagés et de propositions communes. Il s’agit de sortir de l’activité en silo qui caractérise ce domaine de l’aménagement numérique. Il est utile de créer un observatoire du numérique dans les quartiers pour informer et sensibiliser les acteurs intervenants dans les ZUS. Celui-ci pourrait réaliser des enquêtes et un suivi dans les quartiers et communiquer sur les bonnes stratégies et pratiques. Pour simplifier l’accès, l’étude préconise le recours au crédit d’impôt, à la détaxe, au micro-crédit et de développer le couplement systématique de l’accompagnement aux usages avec l’équipement d’un nouvel ordinateur, comme par exemple à travers le développement du programme national ordi 2.0. Il préconise aussi à l’égard des EPN de diversifier les usages par un accueil ciblé des publics jusque là exclus, l’implication des EPN pour l’accompagnement des parents dans le cadre du déploiement des ENT et le développement de nouveaux services ciblés pour les publics éloignés par le biais de portails adaptés.

L’étude énonce 8 recommandations en vue d’atteindre ces divers objectifs : -Etablir un cahier des charges type de schéma de développement numérique dans les ZUS à réaliser au niveau national et à promouvoir au niveau local -Développer le fibrage des nouvelles constructions en application de la loi LME -Mettre en place un observatoire numérique des quartiers -Développer la médiation et la formation au numérique pour tous les acteurs -Mettre en œuvre un tarif social de l’internet -Développer la filière de recyclage des ordinateurs -Agir auprès des publics exclus d’un usage régulier -Développer de nouveaux services, améliorer l’ergonomie et la lisibilité des sites avec une attention particulière pour le public des non francophones


Cette étude donnera lieu très prochainement à une publication et le rapport final n’est pas diffusable en tant que tel.

Débat : Florence Durand-Tornare de Villes Internet fait remarquer que la question de l’accès à internet à partir de téléphone portable mobile, qui est en forte expansion parmi les jeunes des quartiers, a été peu développée au sein de cette étude. Celle-ci s’est surtout attachée à questionner la fracture numérique à partir de l’accès au domicile ou d’infrastructures publiques (lieux d’accès publics à internet, écoles…). De même, dans certains immeubles, la mise en place de bornes wifi permettant un accès mutualisé se développe... Il faut cependant remarquer que les téléphones portables permettent l’accès à certains usages d’internet, mais il s’agit plutôt d’usages ludiques. Concernant l’accès à domicile, la question de la dette à France Télécom de nombreux abonnés constitue un frein majeur à l’accès réel à internet et pose avec acuité la question du tarif social dans les quartiers. Les expériences en cours dans ce domaine avec le Toit Angevin ou à Brest constituent des éléments forts intéressants à suivre et à faire connaître. Pour les copropriétés privées d’habitat social, cette question de l’accès à internet à un tarif social pose un réel problème. La question de la gratuité de l’accès aux services public en ligne, comme par exemple du service public de l’emploi reste aussi posée. Dans le domaine de la mise en œuvre de schémas numériques de territoires, la question de l’accès à l’information précise et détaillée auprès des fournisseurs d’accès à internet reste posée. L’étude a mis en valeur dans ce domaine précis, l’exemple de la COMAGA d’Angoulême où la conférence des trois bailleurs du territoire a pu arrêter un processus d’harmonisation sur le territoire de l’agglomération.

En complément de la partie statistique de cette étude, Anabelle Boutet du groupe Marsouin, Margot Beauchamps, doctorante spécialiste du numérique dans les quartiers et Eric Lamoulen du Toit Angevin vont nous proposer d’ici le 15 décembre une brève synthèse sur la question statistique de la mesure de la fracture numérique dans les quartiers populaires.

Sur la proposition de création d’un observatoire du numérique, celle-ci rejoint la préoccupation du secrétariat d’état au numérique et de la DUI de créer un observatoire des usages du numérique qui doit être un véhicule qui s’appuiera sur le travail des partenaires afin de bien aborder les différentes secteurs comme par exemple celui des ZUS ou les femmes, dans le but d’établir un tableau de bord à jour politiquement parlant. Ce travail d’élaboration en cours au sein de la DUI prendra appui sur le portail des métiers du numérique.


La journée du numérique pour tous à Fontenay Sous Bois le 3 février 2010.

Cette journée prends place dans l’organisation des Etat généraux du numérique de Fontenay Sous Bois qui ont pour but de promouvoir l’internet pour tous et de mettre en valeur les atouts du numérique comme outil de promotion du lien social sur le territoire auprès de l’ensemble des acteurs sociaux et des populations. Avec l’accord de la ville de Fontenay Sous Bois, de la DUI, du SG-CIV et de leurs partenaires du groupe de travail, elle offre l’opportunité d’y organiser des débats ouverts au public : (animateurs d’accès public à internet, acteurs de la politique de la ville, associations…). Pour aborder la question de la faiblesse actuelle de la dimension numérique et mieux la cerner, le SG-CIV et Créatif ont pris contact avec l’Inter réseau du développement social urbain afin de mener une enquête auprès des chefs de projet ville sur ce thème. Cette enquête flash sera mise en ligne très prochainement sur le site de l’IRDSU et la journée du 3 février sera l’occasion d’aborder en introduction cet aspect de la question.

Pour l’organisation concrète de la rencontre un petit groupe de travail composé de Brice Lacomète de Fontenay Sous Bois, de Florence Durand-Tornare de Villes Internet, de Serge Nédélec du SG-CIV et de Pierre Perez de la DUI se charge de l’organisation concrète du travail et se chargera de diffuser de l’information au groupe de travail. Pour les personnes à inviter, il est préconisé que chaque partenaire du groupe de travail se serve du WIKI du groupe de travail. Les grands associations d’élus des collectivités territoriales sont à inviter ainsi que les différents niveaux de la presse : locale, spécialisée et des collectivités locales. Afin de faire passer des messages lors de cette journée, M. Benhamou propose qu’une note soit rédigée en commun sur la thématique : de l’usage ludique à l’usage pertinent d’internet : quelles actions dont à mettre en œuvre pour une meilleure maîtrise de l’internet à usage social ?

Pour le groupe de travail du numérique de l’après midi, il est possible de partir des recommandations de l’étude de la CDC pour proposer une stratégie concrète de leur mise en œuvre pour les territoires prioritaires de la politique de la ville. La question de la mise en relation des EPN avec les ENT de l’éducation nationale mérite d’être abordée ou la question de la formation au numérique des personnes relais proche des personnes éloignées à l’exemple des adultes-relais.

Proposition de déroulement de la journée La journée pourrait se dérouler en 3 temps :

1 Matinée 10h00 – 13h30 2 Après midi 14h30 – 17h30 3 Soirée 18h30 – 20h30 pour les acteurs de Fontenay Sous Bois

1 – Plénière 10h00 – 13h30 · Table ronde n° 1 : Tous connectés : Internet et Habitat social Quels enjeux, quelles difficultés pour les personnes aux revenus modestes – Quelles implications pour les quartiers Politique de la Ville. (credoc, avicca, cdc, chercheur, modérateur-ansa ?, …) Exposé des expériences réussies et à venir : Toit Angevin, Kerourien, Fontenay · Table ronde n°2 : Tous équipés : une démarche éco responsable (DUI Ordi 2.0, sociétés de l’économie solidaire, associations…) · Table ronde n°3 : Tous usagers : l’accès de tous au numérique, un enjeu citoyen. (DIPHH (décret 2009), représentant accessiweb et autres, Pierre Guillou, …),

2 – Ateliers (3) : 14h30 – 17h30 A Réunion du groupe de travail numérique et politique de la ville B Réunion des acteurs locaux + Partenaires pour initier un projet Ordi 2.0 à Fontenay C Création du groupe de travail Accessibilité pour FSB


Informations diverses :


Le SG-CIV et la DUI ont pris contact avec les chargés de mission TIC des SGAR afin de les impliquer dans cette réflexion du groupe de travail, leur accueil a été chaleureux et réactif, Arnaud Dehedin de la préfecture de région de Picardie suivra particulièrement cette question pour ce réseau. Les chargés de mission TIC des Secrétariats Généraux des Affaires Régionales ont pour mission de coordonner l’élaboration des schémas directeurs numériques régionaux où la question des quartiers prioritaires mérite d’être abordée. Ce travail est à suivre avec Marc Laget de la DIACT et Arnaud Dehedin.

La fédération des centres sociaux organise à l’AGECA dans le 11ème arrondissement à Paris une rencontre sur le thème numérique et intervention sociale le 27 novembre 2009.


-La prochaine réunion du groupe de travail se tiendra le mercredi 3 février à la Maison des Citoyens de Fontenay Sous Bois dans le cadre de la journée d’échanges et de débats.


La réunion suivante du groupe de travail se tiendra le 25 février à 14 h 30 à la DUI merci d'avance de votre présence